Meurtres, dinde aux marrons et paillettes

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Les années 60, la veille de Noël. Bienvenue à Cripple Creek, petite bourgade au fin fond du Colorado, dans l’hôtel de Margaret où logent des personnages très atypiques.

Soudain, un double meurtre est commis et tous sont suspects…

Ainsi débute ce huit clos survitaminé et acide, teinté de références d’hier et d’aujourd’hui, avec pour trame de fond une veillée de Noel pas tout à fait comme les autres. Dans le Cripple Creek d’Arnaud Cordier, il y’a d’abord une trame policière pleine de folie et d’imagination, un brin surannée et ce qu’il faut décalée pour qu’elle fonctionne admirablement. Ce huit clos infernal et incisif n’est pas sans rappeler les grandes heures d’Agatha Christie et du polar à Papa, mais personne ne s’en plaindra rassurez vous.

Il y’a ensuite une galerie de personnages parfaitement calibrée, tout juste excessifs et admettons le totalement cinglés (et c’est tant mieux). Nathalie Touati est une Margaret drolatique, et rappelle une certaine Anémone à l’époque d’une certaine ordure de Père Noel. Elle est parfaite en tenancière d’hôtel totalement dépassée par les évènements, balançant entre son sens de l’ordre et son démon de midi. A ses côtés, Agnès Godey est tout simplement parfaite en ex gloire du Music Hall, préférant les charmes de Jack Daniels à ceux de Sinatra. Elle ne force jamais le trait et devient finalement touchante et déchirante. La petite Floriane Barret est exquise en garçon manqué  et son envie de  faire du vélo (ceux qui verront la pièce comprendront). Mais ces messieurs ne sont pas en reste loin de là : Clément Filluzeau est truculent en Hercule Poirot au rabais, bien plus porté sur la jolie Maggy que sur son enquête et Arnaud Laurent, tel qu’on le connaît déjà sur les planches, parfait en photographe geek manipulateur.

Mais le couple star est celui formé par Arnaud Cordier et Faustine Pont, il vaut à lui seul le déplacement. Ils s’accordent parfaitement, toujours à l’unisson. Bonnie and Clyde d’opérette facétieux, lunaires et franchement détestables, ils tiennent parfaitement leurs personnages. Leurs répliques font mouche tout autant que leurs ruptures, toujours bien placées et senties.

Mais saluons également la performance canine de Pupuce, qui pour son premier rôle joue parfaitement sa partition sans broncher.

Ajoutez à cela un décor fort réussi, une bande sonore qui tombe à point nommé et l’ambiance délicieusement kitsch des sixties et vous obtenez un hit comme disent les américains (ce qui tombe bien, l’action se déroulant dans le Colorado)

En agitant le tout, vous obtiendrez un joli OVNI théâtral  : une comédie absurde musicale policière, parfaitement mise en scène et en espace par Leah Marciano.

MEUTRES A CRIPPLE CREEK

Théâtre Le Proscenium

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