BURLESQUE!

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simone

 

Un brin rétro, la gambette légère et le collant gainant bien ajusté, ces trois pin-up habitées par le swing, vous invitent à la danse dans un show faisant rimer glamour avec humour. 
Résisterez-vous aux charmes indiscrets de la séductrice, aux colères de l’intraitable meneuse, ou aux maladresses fantaisistes de l’étourdie ?

N’en déplaise à certains, ce spectacle fleure bon le girl power, le féminisme et l’intelligence. Plongé dans un cabaret fait de bric et de broc, au rythme d’une bande son finement pensée, le spectateur devient l’espace d’une heure l’heureux voyageur de la Simone Airline, au gré des fantaisies de trois filles qui en sont sous le talon aiguille. Elles sont trois, émérites danseuses et joyeuses comédiennes et nous embarquent à grand renfort de costumes, de numéros chorégraphiés et de belles trouvailles dans un univers rose bonbon ou la femme prend le pouvoir pour notre plus grand plaisir. Ici les clichés sont balayés d’un entrechat avec ce qu’il faut de finesse  pour faire de cet OVNI néo burlesque un plaidoyer pour le gente féminine avec charme et entrain.

Il y’a la meneuse de revue colérique et autoritaire qui mène à la baguette ses deux comparses zélées : l’une charmeuse et l’autre franchement maladroite. Elles sont irrésistibles et tiennent la scène avec ferveur. Tout est millimétré, orchestré de main de maître(sse). Les références sont nombreuses et l’on prend un grand plaisir à assister à cette parade emplumée et pailletée. Ne tombant jamais dans le racolage et la vulgarité, les « Simone » se font tant super héroïnes, tantôt femmes au foyer refusant les conventions ou encore filles de fer dans un gant de velours. Ce sont les filles de l’improbable union d’un Pierre Richard avec Joséphine Baker.

Le burlesque est à la mode mais il est ici réinventé, détourné, et c’est là la plus grande réussite de ce spectacle qui ne ressemble décidément à aucun autre sur la place de Paris. Aller voir les « Simone » c’est se faire du bien à l’âme et au cœur, c’est replonger dans une époque ou tout était bien plus léger que notre triste millénaire. Et comme le dit si bien le poète : « ces filles là mon vieux, elles sont terribles » !

SWEET SIMONE – BRIC BRAC CABARET

Théâtre La Croisée des Chemins

 

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LE CASSE DU SIECLE

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di

C’est l’Amérique des années 50, avec des musiciens live, des matons pas futés, des taulards en cavale, un pickpocket trop honnête, une amoureuse peu fidèle, des amants pigeonnés, un voyou abruti, un banquier colérique, un policier frimeur, une mère poule qui couve autre chose que des oeufs, et Warren Slack, le plus vieux stagiaire des USA.
Qui va arnaquer qui ?

Après le retentissant succès des « Faux British », Gwen ADUH et sa joyeuse bande récidivent pour notre plus grand plaisir. Dans une cavalcade contre la montre ou se croisent gangsters chevronnés, jeune première nymphomane, vieux papa richard et secrétaire pin-up, le public est immédiatement transporté dans l’imagerie en technicolor de l’Age d’Or américain. Tout y est : la luminosité et la musicalité de Broadway, les codes des grandes heures de la Metro, la folie des Monty Python et le rythme indispensable du boulevard. Les portes claquent, les quiproquos s’enchaînent sans le moindre temps mort, la musique swingue, les comédiens se donnent sans compter.

Il y’a là une mise en scène tellement riche et millimétré que l’on se croirait devant un film et non plus une oeuvre théâtrale. Tout y est brillant et savamment orchestré : des multiples changements de décors aux scènes d’anthologie (ah cette scène dans les conduits de la climatisation de la banque!), des changements de costumes ébouriffants aux trouvailles incessantes pour tenir le public en haleine pendant presque deux heures.

Si le texte ne brille pas toujours par sa finesse ou son inventivité, c’est pour la performance visuelle et les interprètes qu’il faut se ruer au Gymnase. Ils savent tout faire : du chant à la danse en passant par la maîtrise de la comédie et des cascades parfois périlleuses! On retrouve notamment un Jean Marie LECOQ en forme olympique dans son rôle de banquier papa austère un rien tyrannique ou encore Aurélie de CAZANOVE et son joli grain de voix, parfaite en guichetière dévouée et aguichante. On retient la performance grandiose de Pierre DUMUR, qui défie les lois de la gravité, attachant Warren.

C’est drôle et merveilleusement exécuté. Voila tout ce qui compte !

 

LE GROS DIAMANT DU PRINCE LUDWIG

Théâtre du Gymnase

LES COPAINS D’ABORD

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copai

 

Bernard et Philippe sont les meilleurs amis du monde. Bernard, marié et infidèle, demande à Philippe de couvrir ses incartades… Début d’un engrenage infernal pour le pauvre Philippe dont le meilleur copain a l’amitié plutôt abusive ! 

N’en déplaise au refrain de Brassens, ce navire de copains en pleine crise ne navigue pas en père peinard sur la grande marre des canards. Le naufrage le guette, mais pour notre plus grand plaisir de spectateur. De cette pièce écrite par le multi molièrisé Eric ASSOUS,  l’équipe composée par Anthony MARTY donne une version plus que réjouissante, prouvant que le Boulevard de qualité à encore une belle place dans notre capitale. Sans le moindre temps mort, le public est happé dans la spirale infernale des mensonges orchestrés par Bernard, petit bourgeois lâche et infidèle, faisant fi des états d’âmes de ses amis ou de sa femme. C’est drôle, cruel, tendre, émouvant par moment et on se prend à rire des situations les plus extrêmes et politiquement incorrectes.

Dans le nid douillet de Philippe et Alice se joue une course contre la montre délectable. Philippe, très juste Anthony MARTY est prêt à tout pour venir en aide à son diable de meilleur ami, quitte à y laisser sa dignité et celle qu’il aime. Alice, énergique et douce Marion CHRISTMANN, tente tant bien que mal de retenir sa peine et sa colère. Il y’a aussi Nelly, hilarante  et parfaite Florence FAKHIMI, un rien névrosée, qui se débat tant bien que mal entre un mari volage et le sauvetage de sa meilleure copine ou encore la plantureuse et arriviste Soraya, vénéneuse Anne-Laure ESTOURNES, qui fait tourner en bourrique tout ce petit monde. Et puis il y’a Bernard, génial Arnaud CERMOLACCE, le dindon de la farce, l’arroseur arrosé. Avec des mimiques à la DE FUNES et une énergie débordante, il donne le « la » avec grand talent, manipulant en marionnettiste expert son pantin de meilleur copain.

La mise en scène, sobre mais diablement efficace, fait la part belle au talent des comédiens, en le sublimant juste ce qu’il faut sans jamais tomber dans les hurlements ou les excès faciles. Tout est millimétré, dans une mécanique imparable de vaudeville des temps modernes, mettant parfaitement en exergue la finesse de l’écriture d’Eric ASSOUS. On ne voit guère le temps passer, on rit sans relâche et sans retenue et on n’aimerait pour rien au monde prendre la place de cette bande au bord de la crise de nerfs.

Après de belles réussites les saisons passées, Anthony MARTY signe là sa meilleure reprise, entourée d’une équipe survoltée. Le public ne boude pas son plaisir, et comme on le comprend. Un grand bol d’air frais dans la chaleur de l’été, à consommer sans modération.

MON MEILLEUR COPAIN

Comédie Caumartin

CIEL MON LABICHE!

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chapeau

C’est l’histoire d’un chapeau de paille mangé par un cheval pendant que la propriétaire du chapeau se promène en pleine forêt avec son amant.

Et à partir de ce simple accident, il n’en faut pas plus à l’un des maîtres incontestés du Vaudeville à la francaise pour imaginer une folle cavalcade chez les petits bourgeois parisiens. De la maison du futur marié à la chapellerie de son ancienne mâitresse en passant par le logis du joyeux cocu, on se prend à suivre la folle journée de Fadinard courant après le temps pour sauver sa noce et sa réputation.

Cette pièce nécéssite un grand renfort de comédiens et de décors mais Caroline RAUX a eu la riche idée de faire sans tout cela. Avec 5 comédiens dopés à la bonne humeur contagieuse et par un ingénieux jeu de panneaux escamotables et mobilier transformable, elle relève haut la main son pari. Car on assiste là à du VRAI THEATRE. Ou tout repose sur les comédiens, en véritables artisans de la scène. C’est par leur performance millimètrée et savamment orchestrée que tout existe sur scène. Ils sont tous les 5 épatants, passant d’un rôle à l’autre en une fraction de seconde parfois.

Grégory BELLANGER est formidable en Fadinard dépassé par les évènements. Camille LUDIG pétille dans toutes ses compositions féminines (irrésistible baronne). Romain LACROIX et Maxime TREGARO sont parfaits en petits bourgeois mais la palme revient à la peformance de Christopher BAYEMI qui a lui seul vaut le déplacement!

La pièce n’a pas pris une ride et le coup de jeune que lui insuffle cette compagnie lui donne la modernité nécéssaire pour nous convaincre. Le public rit de bon coeur et ne boude pas son plaisir. On ne voit pas le temps passer, on s’amuse des anachronismes et des passages musicaux bien sentis. On se régale sans arrière pensée et c’est là le principal.

Du théâtre comme on aimerait en voir bien plus souvent !

UN CHAPEAU DE PAILLE D’ITALIE

Théâtre des Béliers Avignon

FEMMES FEMMES FEMMES

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femmes

Une comédie riche et une création musicale éclatante vous plongent au coeur de la passion et de la folie des personnages.

Voilà un bel hommage à l’Illustre Théâtre par cette illustre compagnie. Dans une scènographie esthétique et délicate faisant la part belle au théâtre de trétaux, Les Croqueurs proposent une bien jolie lecture de ce classique du maestro Molière. Au son des créations musicales pleines d’élègance et d’entrain de Lionel LOSADA, c’est une compagnie fort inspirée qui redonne vie à la terrible Philaminthe, la délicieuse Henriette ou encore au ridicule Trissotin.

Grâce à leur jeu maîtrisé, les alexadrins passent comme une lettre à la poste sans musicalité superflue avec un véritable sens du timing et de la rupture qui apportent une vraie modernité à l’ensemble. On se délecte, on s’amuse franchement et on se prend à redécouvrir toutes les jolies nuances de ce texte. Si la pièce est une critique évidente des femmes voulant se faire une tête bien faite au contact de curieux personnages, charlatans et autres philosophes, elle leur rend aussi hommage

La distribution est qualibrée, de haute volée, tout est soigné dans les moindres détails : du chant choral, aux tirades en passant par les enchâinements, c’est fort réussi. C’est un succès : les plus jeunes rit de bon coeur, les plus âgés s’amusent de l’actualité qui trouve un écho évident dans la pièce

On ne saurait citer un comédien en particulier tant c’est l’énergie collective qui est à saluer, sous la houlette de Loïc FIEFFE

A voir de toute urgence au Collège de La Salle!

 

LES FEMMES SAVANTES

Collège de La Salle

POLAR DE GARE

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Welcome

Une pièce d’Agatha Christie, la référence absolue et indétrônable dans l’univers policier.

Choisir la pièce à succès de Tante Agatha est un pari risqué et la compagnie La Conquête de L’Ouest se prend les pieds dans le tapis du manoir Monkswell.

L’intrigue doit tenir le public en haleine, la mise en scène devrait donner ce qu’il faut de sueurs froides, les comédiens pourraient se délecter de perdre le spectateur attentif, mais dans cette adaptation il n’en sera rien. On assistera médusé à un spectacle proche d’un amateurisme déconcertant, sans réelle direction d’acteurs et une mise en espace qui donne à se poser de sérieuses questions : la neige au stromboscope, un étranglement guignolesque, un revolver sans balles, des chorégraphies dont on peut remettre en cause l’utilité, un décor dont on pourrait se passer, un jeu sans maîtrise et nuances. Rien ne va vraiment dans cette adaptation même si on sent une réelle envie et de la passion.

Ceux qui auront vu la version londonnienne n’en croiront hélas pas leurs yeux; ceux qui se souviendront de la sublime performance de Marc Citti en Trotter il y’a quelques années à la Comédie des Champs Elysées seront décontenancés et les parisiens qui auront vu la récente version donnée au Théâtre du Petit Gymnase quitteront surement la salle avant la fin.

L’essence même de la pièce n’est plus là, tout est exacerbé, surjoué pour ne pas dire survolé. Rain hurle fort et saute partout (pour que l’on comprenne bien qu’il est un peu dérangé), Molly à le regard dans le vide (oui elle se pose pleins de questions) et l’époux Davis parle dans sa barbe pour jouer au mari ténébreux. On y croit pas.

La copie est à revoir…

WELCOME

Théâtre Buffon

ENTRE REVES ET SOUVENIRS

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gaia

Grandir avec deux cultures, entourée de femmes et ne rêver que d’une seule chose: devenir chanteuse de soul.
Voilà l’histoire de celle qu’on appelle Gaïa qui nous ouvre les portes de ses souvenirs avec sa mémé : Mouima.
Avec Mouima, on parle d’amour, on cuisine, on se rit des hommes…

Dans l’intimité d’une tente berbère, aux sons de la guitares et des souvenirs, le public va devenir une heure durant le témoin privilègié du récit de Lina « Gaia », de son enfance dans les jupes de l’inénarrable Mouima, aux standards de la soul music dont elle se délecte en passant par les premiers amours et les complications naturelles d’une petite fille qui se transforme peu à peu en femme. Il y’a la poésie de chaque instant, l’humour omniprésent et surtout une large place offerte aux rêves.

Plus besoin de présenter Lina LAMARA, cette interprète de haut vol que certains auront apercu dans leur petit écran dans l’émission aux fauteuils qui se retournent. Si on connaissait son talent pour la comédie musicale, on découvre ici une sensibilité à fleur de peau, une gouaille généreuse, une voix toujours superbement maîtrisée. Elle dompte la scène comme personne et tient en haleine un auditoire fasciné. Ici pas de grande scènographie : juste une alcôve de tissu et un guitariste « romantique » alias Pierre DELAUP pour emmener le spectateur dans le pays des merveilles de Gaia, pour chercher avec elle la clef de son destin. Plus Gaia se libère, puis Mouima se livre sur son passé, enlevant son masque de matronne au coeur gros comme ca.

C’est délicieux et sucré comme un gateau oriental, passionnant comme un biopic, et la voix de Lina donne le frisson. On rit, on pleure, on s’interroge, on se rappelle ses propres souvenirs d’enfance.  Pour finalement ressortir sur un petit nuage, le coeur lèger et la tête pleine de rêves. Un spectacle d’utilité publique en ces temps ou nos libertés et nos valeurs sont remises en cause chaque jour.

S’abandonner au récit de Gaia est un plaisir coupable; mais voici une culpabilité délicieuse.

Amis parisiens, ne boudez pas votre plaisir si vous n’étes pas en Avignon, car la belle débarque à la rentrée au Petit Mathurin, vous voilà donc prévenus.

Un coup de coeur, un rêve éveillé.

LA CLEF DE GAIA

Théâtre Le Grand Pavois